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Nom du blog :
egalitehommefemme
Description du blog :
un petit melting pot sur l'égalité homme femme aujourd'hui
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
29.05.2007
Dernière mise à jour :
09.07.2007
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SALAIRES

Posté le 09.07.2007 par egalitehommefemme
Dans son rapport du 8 juin 2001 sur une rémunération égale pour un travail de valeur égale, la Commission des droits de la femme et de l'égalité des chances du Parlement européen a analysé les écarts de rémunération entre les sexes.
Dans l'Union européenne, deux sources statistiques distinctes permettent d'identifier ces différences de rémunération entre les sexes : l'Enquête sur la structure des salaires et le Panel des ménages de la Communauté européenne.
D'après les données rassemblées par l'Enquête sur la structure des salaires, l'écart de rémunération était de 24,2 % en 2002, c'est-à-dire que le salaire horaire brut des femmes travaillant à plein temps ne représentait que 80.5 % du salaire horaire brut des travailleurs masculins à plein temps. L'écart est le plus net au Royaume-Uni, en Grèce et aux Pays-Bas, et le moins marqué en Suède, en Belgique et au Luxembourg. Il ressort notamment de ces données que l'écart de rémunération dans l'Union européenne est disparate, en ce sens qu'il est plus prononcé au haut qu'au bas de l'échelle des revenus : les 10 % de femmes les moins bien payées gagnent 15 % de moins que les hommes de cette catégorie, tandis que les 10 % de femmes les mieux payées perçoivent jusqu'à 35 % de moins que les hommes relevant de leur catégorie salariale. Les différences de rémunération entre les sexes peuvent pénaliser les femmes dans divers domaines, y compris les systèmes de protection sociale. L'écart de rémunération est le plus accentué (43 %) dans les métiers où les femmes sont sous représentées, comme l'assemblage et le maniement de machines. Il est bien moins important (19 %) dans les métiers que les femmes sont nombreuses à exercer, comme celui d'assistante commerciale.
En ce qui concerne les pays candidats à l'adhésion, un rapport de 1999 de la Commission économique pour l'Europe des Nations unies, intitulé Women and the economy in the ECE region, indique que les différences de rémunération varient entre 20 et 25 %.
L'écart entre les salaires mensuels des hommes et des femmes tend à augmenter avec l'âge. Sur la base des chiffres de 2002, il est d'environ 10 % pour les moins de 20 ans et légèrement plus élevé entre 20 et 29 ans. Pour les personnes plus âgées, cependant, la différence augmente nettement, les femmes entre 30 et 44 ans gagnant, en moyenne, 23 % de moins que les hommes et celles de 45 ans et plus gagnant 29 % de moins.
Cette variation est pratiquement la même dans tous les États membres.
En ce qui concerne les moins de 20 ans, les salaires des femmes sont en général équivalents à ceux des hommes, sauf en Belgique et dans l'ancienne Allemagne de l'Est où l'écart est plus grand, mais où peu d'hommes ou de femmes de cet âge travaillent. Un écart réduit peut être également constaté entre 20 et 29 ans : les salaires des femmes n'étant inférieurs de plus de 15 % à ceux des hommes que dans quelques pays (Royaume-Uni et Grèce).
En revanche, entre 30 et 44 ans, l'écart entre la rémunération des hommes et celle des femmes est de 15 % ou plus dans tous les États membres, sauf en Belgique (12 %), au Danemark (14 %) et au Luxembourg (14 %) ainsi que dans la partie orientale de l'Allemagne (9 %). En Espagne et en France, les salaires des femmes sont inférieurs de plus de 20 % à ceux des hommes, au Royaume-Uni de près de 30 % et en Grèce de plus de 30 %.
Entre 45 et 54 ans, l'écart est de 20 % ou moins en Belgique (19 %) ainsi que dans l'ancienne Allemagne de l'Est (13 %). En France, en Italie et au Luxembourg, les femmes gagnent, en moyenne, 30 % de moins que les hommes, aux Pays-Bas un tiers de moins, au Royaume-Uni 40 % de moins et en Grèce près de 45 % de moins. L'écart est pratiquement le même pour les 55 ans et plus dans la plupart des pays, bien que relativement peu de femmes continuent à travailler, notamment à plein temps, après cet âge.
Bien qu'il soit évident que le niveau relatif de la rémunération des femmes diminue nettement avec l'âge dans tous les pays, dans certains, la baisse est beaucoup plus forte que dans d'autres - en Grèce, en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni notamment - tandis qu'en Belgique, dans l'ancienne Allemagne de l'Est et en Finlande l'écart est beaucoup moins affecté par l'âge qu'ailleurs.
Les salaires augmentent néanmoins dans tous les pays à mesure que les travailleurs vieillissent ; or, les femmes sont moins nombreuses à occuper un emploi que les hommes dans les groupes plus âgés : cette donnée accroît mécaniquement l'écart salarial global entre les sexes. Cette situation reflète, bien entendu, la tendance nettement plus grande des femmes à s'arrêter de travailler en raison de leurs responsabilités familiales. Ce phénomène reflète aussi la tendance manifeste des femmes qui reprennent un emploi rémunéré à travailler à temps partiel plutôt que de travailler à temps plein, en particulier aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Allemagne et dans les pays nordiques. Il convient cependant de tenir compte de l'exclusion, dans cette enquête statistique, des services à la collectivité dans lesquels l'âge moyen des femmes qui travaillent est supérieur à celui constaté dans d'autres parties de l'économie.
Au total, les salaires des hommes augmentent indiscutablement plus avec l'âge que ceux des femmes. Alors que les salaires moyens des hommes de la tranche d'âge 45-54 ans sont supérieurs de 71 % à ceux des hommes de 20 à 24 ans dans l'ensemble de l'Union, les salaires moyens des femmes dans le groupe plus âgé sont seulement supérieurs de 37 % à ceux du groupe plus jeune.



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JUII

Posté le 25.06.2007 par egalitehommefemme
CONCLUSION GÉNÉRALE

Ainsi, une appréhension vraiment relationnelle du rapport de domination entre les hommes et les femmes tel qu’il s’établit dans l’ensemble des espaces sociaux, c’est à dire dans la famille, dans l’univers scolaire et dans le monde du travail conduit à mettre en pièces l’image fantasmatique de l’éternel féminin, pour mieux faire apparaître la constance de la relation de domination entre les hommes et les femmes qui se maintient par delà les différences de condition liées aux moments de l’histoire et aux positions dans l’espace social.
Le changement majeur dans le rapport social entre hommes et femmes est sans doute que la domination masculine ne s’impose plus avec l’évidence de ce qui va de soi, grâce notamment à l’immense travail critique du mouvement féministe, du moins dans certaines parties de l’espace social. Cette domination aujourd’hui est devenue quelque chose qu’il faut défendre ou justifier, dont il faut se défendre ou se justifier.
Cependant, on a cherché à montrer dans ce dossier que le discours normatif avait très peu sa place à propos de l’égalité des chances entre hommes et femmes ; en effet, dire “il faudrait faire ceci ou cela” pour plus d’égalité pose problème lorsque l’on demande qui est en charge de le faire : les institutions (Ecole, Etat...) sont elles-mêmes différenciées, les employeurs suivent une logique de marché, les femmes ne sont pas revendicatives, les mouvements féministes traversent une crise de positionnement idéologique... De la même façon, on peut demander comment le faire : on a montré que la domination masculine existait à tous les niveaux du champ symbolique et était ancrée au plus profond des individus, des dominants comme des dominés.
Cette approche peut apparaître “désabusée” puisqu’elle nie la possibilité de “volontarismes” efficaces permettant de produire du “progrès” dans les rapports sociaux entre les sexes. Mais force est de constater que ce rapport social ne connaît pas de “progrès” mais constitue plutôt une dynamique qui varie selon le contexte culturel, social, économique... et selon les rapports de force en présence : il n’y a pas de “forces du Bien”, juste une interaction de groupes d’intérêts et de processus socio-économiques. On ne peut donc absolument pas prévoir les permanences et les avancées futures à ce niveau. On peut simplement mettre en relief trois processus (parmi tant d’autres) qui pourraient avoir un impact sur l’effectivité de l’égalité des chances.
De tous les facteurs de changements, on a vu que les plus importants sont ceux liés à la transformation décisive de la fonction de l’institution scolaire dans la reproduction de la différence entre les genres, comme l’accroissement de l’accès des femmes à l’instruction : l’accès aux études supérieures a permis aux filles d’entrer dans des filières qui ne sont pas dévalorisées professionnellement (enseignement, médecine, droit, écoles de commerce...).
De même, l’accroissement du nombre des femmes qui travaillent a affecté la division des tâches domestiques et, du même coup, les modèles traditionnels masculins et féminins, avec des conséquences dans l’acquisition des dispositions sexuellement différenciées au sein de la famille : on a ainsi pu observer que les filles de mères qui travaillent ont des aspirations de carrière plus élevées et sont moins attachées au modèle traditionnel de la condition féminine. Les études sociologiques montrent que l’exemple d’une mère accédant à une profession scientifique conduit les filles des générations suivantes à faire des choix similaires : par un effet boule de neige, la part des filles devrait donc inexorablement augmenter dans des filières et des métiers où elles sont aujourd’hui minoritaires.

Bien que l’inertie des habitus et du droit tende à perpétuer, le modèle dominant de la structure familiale par delà les transformations de la famille réelle (et, du même coup, de la sexualité légitime, hétérosexuelle et orientée vers la reproduction, par rapport auquel s’organisaient tacitement la socialisation ou encore la transmission des principes de division traditionnels), l’apparition de nouveaux types de famille (comme les familles composées), et l’accès à la visibilité publique de nouveaux modèles de sexualité (homosexuels notamment), contribuent à briser l’ordre masculin et à élargir l’espace des possibles. La reconnaissance publique et sociale des couples homosexuels est un enjeu fondamental pour la question des rapports sociaux entre les sexes et est d’ailleurs un des “objets” d’étude les plus innovants en sciences sociales aux Etats-Unis. En effet, cette reconnaissance bouleverse l’ordre établi autour de la gestion sociale de la reproduction et surtout remet en question le débat, qui paraît alors dépassé, du dilemme entre égalité et complémentarité dans les rapports hommes/femmes (la complémentarité ne paraît plus alors basée sur le genre des individus dans le couple).
Inversement, les changements structurels qui affectent le marché du travail sont un obstacle majeur à l’effectivité de l’égalité des chances (ici, la lutte contre les discriminations “directes” n’est pas pertinente). En effet, étant donné que les femmes ont partie liée avec l’Etat social et avec les positions “sociales” à l’intérieur du champ bureaucratique ainsi qu’avec les secteurs des entreprises privées les plus vulnérables aux politiques de précarisation, tout permet de prévoir qu’elles seront, de façon encore plus importante, les principales victimes de la politique néo-libérale visant à réduire la dimension sociale de l’Etat et à favoriser la “dérégulation” du marché du travail.
Il est difficile de rester dans une approche interactionniste, voire cynique, en matière d’égalité lorsque l’on appartient soi-même à un “groupe d’intérêt” donné. Nous nous permettrons donc pour terminer de poser deux éléments (normatifs) qui paraissent fondamentaux pour une démarche constructive en matière d’égalité des chances entre hommes et femmes.
D’une part, il faudrait lutter contre la tentation, en apparence généreuse, au nom de l’indignation ou de la solidarité, de taire les propriétés par lesquelles les femmes, en tant que dominées, contribuent à leur propre domination. De la même façon, porter au jour les effets que la domination masculine exerce sur les habitus masculins, ce n’est pas tenter de disculper les hommes. C’est montrer que l’effort pour libérer les femmes de la domination, ne peut aller sans un effort pour “libérer” les hommes des structures qui font qu’ils contribuent à l’imposer et à se l’imposer. On dépasserait ainsi les contradictions entre les lectures victimisantes ou masculinisantes des mouvements féministes. Cet effort peut être efficace s’il y a enfin une vraie réforme de l’institution scolaire (formation, orientation...) qui a, comme nous l’avons montré, un rôle fondamental aujourd’hui car elle inculque les comportements et les perspectives d’avenir légitimes de chaque individu. Pour lutter contre la différenciation de position et de condition sur le marché du travail entre hommes et femmes, bouleverser la hiérarchie des filières ne suffit pas; c’est sur les représentations mentales en amont qu’il faut agir.

D’autre part, il faudrait enfin poser l’égalité des chances comme un droit fondamental.
Il y a un problème de fond dans l’approche concernant les droits des femmes : la question de l’égalité des chances entre hommes et femmes n’est pas vraiment posée comme un droit des femmes en tant que tel. En effet, la question est toujours liée à l’impact sur la cohésion familiale, sur l’éducation des enfants... Ainsi, d’entrée de jeu, la femme est considérée comme femme - mère. L’Etat par sa politique participe à cette représentation.
De plus, les droits des femmes, en tant qu’ “hommes”, ne sont toujours pas évident dans l’imaginaire collectif; c’est pourquoi, on utilise le calcul coûts / avantages pour prouver que l’activité mieux utilisée des femmes serait plus rentable. Cela montre bien que nous sommes dans un système “économiste” et utilitariste où tout droit doit se justifier par son efficacité et sa rentabilité à terme profitable à l’ensemble de la société.
Ainsi le Premier ministre, qui a exprimé sa conviction le 17 avril 1999 lors de la Conférence européenne de Paris consacrée à l’accès des femmes aux lieux de décision, considère que : “partout où elles accèdent aux responsabilités, les femmes expriment en effet de nouvelles préoccupations. Ce faisant, elles réinventent le “vouloir vivre ensemble” qui est au cœur de la démocratie...Partager entre les hommes et les femmes le pouvoir économique, c’est d’ailleurs préparer une économie plus efficace et plus juste”. On retrouve ici le critère d’efficacité qui vient accompagner, cautionner, justifier celui de la justice. Il est remarquable qu’on utilise le même discours pour justifier que les immigrés ont le “droit” d’être considérés comme des citoyens “comme les autres” (ils ont aidé à reconstruire le pays, ils occupent des postes dont les français “de souche” ne voulaient pas...).

L’égalité des chances sera peut-être plus effective lorsque l’on posera que les femmes ont droit à une dignité et à des conditions de vie égales à celles des hommes même si cela ne coïncide pas avec la logique de marché ; on n’a pas à subordonner ce droit fondamental à des considérations économiques.


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